Hyper-perméabilité intestinale

Hyperperméabilité : quand la paroi intestinale devient gruyère

Maladie auto-immune, syndrome du côlon irritable, intolérances alimentaires, maladie de Crohn et autres MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin)… Enfant du XXIème siècle, toi qui arpente le net de forums médicaux en revue santé à la recherche de réponses à tes symptômes, toi qui contemple tes potes junk-foodeurs intégrer chaque jour un peu plus de médicaments à leurs « Maxi Best Of », tu es comme moi déjà familier avec ces troubles tristement devenus « monnaie courante ».

Mais aujourd’hui tu as décidé de faire front, de ne plus accepter de subir ton soi-disant « patrimoine génétique défaillant » et d’attraper les rennes de ta vitalité.

 

Toi qui fait preuve de la bravoure de Jon Snow en marche vers Winterfell, tu mérites de comprendre et de connaître l’ennemi que tu affrontes depuis des années et que tu affronteras encore demain. Laisse-moi te conter l’histoire de tes souffrances, qui trouvent probablement leur origine dans un organe central bien trop souvent négligé.

Hyper-perméabilité intestinale ou intestins perforés comme du gruyère, les symptômes sont galère.

Quand l’intestin devient trop perméable

Oui, tu as bien lu HYPER-perméable. Et c’est bien ce HYPER qui pose tout le problème. Parce que c’est vrai, faut bien que ton intestin soit au moins UN PEU perméable pour laisser passer les nutriments dans le sang… mais PAS TROP pour ne pas accueillir tout un tas de toxines et autres sal**eries.

Normalement, le mécanisme de sécurité est aussi efficace que simple à comprendre. Ta paroi intestinale est faite de cellules collées les unes aux autres, qui forment des jonctions serrées. Pour laisser passer les bons nutriments et éviter les trouble-fête, une hormone régule l’ouverture et la fermeture de ces jonctions ; la zonuline. Seul hic : certaines molécules parviennent à la distraire ou à tromper sa vigilance (c’est le cas par exemple du gluten ou des solanacées). Mais quand bien même elle aurait un moment d’égarement, un mucus protecteur vient consolider le système et protéger la surface des cellules.

 

Si pour une raison ou une autre, cette structure se retrouve dégradée et que certaines substances passent – via cette muqueuse intestinale – dans la circulation sanguine, ça risque de faire du grabuge. Je vois que tu as déjà saisis la quasi-totalité du problème, mais pour que tu comprennes mieux voici la petite métaphore qui fait le buzz à ta soirée pizza.

* Intestin poreux et réactions auto-immunes : le burn-out du père Michel

Qui ne connaît pas la célèbre chansonnette « c’est la mère Michel qui a perdu son chat, qui crie par la fenêtre à qui le lui rendra… » ? Figure-toi aujourd’hui que la fenêtre, ce sont tes cellules intestinales, et que la zonuline, c’est la mère Michel. Elle contrôle l’ouverture de la fenêtre et attend pour faire entrer celui qui lui apportera un bon nutriment… son fameux petit chat.
Pas de bol, toi t’es plutôt café – alcool – fast-food. Et ça, depuis toujours. Autant te dire que la fenêtre est cassée depuis longtemps, et que ça fait un bail que n’importe qui peut entrer. La mère Michel est épuisée, elle laisse passer tout le monde maintenant : elle a vu défiler tellement de faux sauveurs de chats (gluten, toxines, et j’en passe), qui voulaient juste faire un tour dans sa maison pour voler ou casser un truc, qu’elle a fini par baisser les bras.

A l’intérieur, il reste toujours ton système immunitaire, ce bon vieux père Michel. Lui, il n’a jamais supporté les intrus, et encore moins qu’on touche à sa baraque. Mais si à la première infraction il neutralisait calmement le contrevenant par une clé de bras bien propre, il s’est fait tellement embêter qu’aujourd’hui il est complètement survolté : il se balade arme au poing et tire dans les murs au moindre bruit suspect. Exactement comme ton système immunitaire trop malmené. Ça te laisse imaginer l’état de ta muqueuse intestinale…

Tout comme ton immunité altérée, le père Michel est déchaîné !

Voici en trois mots une image simpliste pour illustrer le chemin où peut conduire une mauvaise habitude, qui fera naître une inflammation, inflammation qui pourra devenir chronique, jusqu’à un état où ton système immunitaire attaque ses propres cellules. Tout ça pour te dire qu’il n’y a qu’un seul véritable ennemi à combattre… c’est toi.

Le syndrome aux cent visages

Les symptômes perçus dépendent donc à la fois du niveau d’inflammation et des caractéristiques propres à chacun… Autant te dire qu’ils peuvent être aussi nombreux et variés qu’il y a de restaurants Chinois dans le 13ème arrondissement parisien – et je pèse mes mots. On retrouvera pêle-mêle :

 

Ballonnements

– Flatulences / éructations excessives et (parfois très) nauséabondes

Reflux Gastro-Oesophagien (RGO)

– Crampes ou douleurs abdominales

– Sensibilités / intolérances alimentaires

– Problèmes de thyroïde

– Syndrome du Côlon Irritable (SCI)

– Fatigue chronique, insomnie, irritabilité, dépression

– Douleurs articulaires

– Problèmes de peau comme l’acné, la rosacée, l’eczéma, le psoriasis

– Gain ou perte de poids

– Syndrome métabolique

– Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI) en tous genres, etc.

 

Certaines études vont même jusqu’à démontrer un lien avec l’autisme et d’autres pathologies neurologiques. Avoue que même toi, « intestino-sceptique », j’ai réussi à te faire flipper. T’as hâte de savoir où tu en es, pas vrai ?

Être trop perméable ou ne pas l’être, là est la question

 

Comme on l’a vu précédemment, les trous de la muqueuse intestinale peuvent laisser passer dans le sang des molécules qui vont générer une réaction immunitaire. Il peut donc être intéressant d’en avoir le cœur net, et pour cela d’effectuer un test d’intolérances alimentaires (jette donc un œil à l’article complet sur les intolérances alimentaires et la maladie coeliaque !).

Une autre option un peu moins précise mais moins chère, le bon vieux test urinaire. Tu avales une rasade de lacticol et de mannitol, deux produits capables de traverser la paroi intestinale par des mécanismes différents. Après deux heures à jeun, on prélève les urines pour mesurer quelle est ta capacité d’élimination – les taux restants de ces deux substances donneront une idée précise de l’état de détérioration de ta muqueuse.

Le test urinaire permet d’évaluer ton hyperperméabilité intestinale.

Enfin et toujours pour les aficionados de l’urine en bocal, il est possible de mesurer la quantité de peptides opioïdes excrétés. Ces petits bouts de protéines alimentaires mal digérées s’y retrouveront en plus grand nombre si ton intestin est fragilisé.

 

Quoiqu’il arrive et en cas de doute, on ne fait pas le malin et on va voir un professionnel de santé. Et si possible un thérapeute avec une approche holistique, capable de faire le lien entre différents symptômes pas forcément évidents à raccrocher les uns aux autres. Je te dis ça d’expérience et sans jugement, mais ça peut te faire gagner du temps.

 

Allez, on arrête de tourner autour du pot et on passe à la pratique, il est grand temps de sortir de cette galère, et crois-moi, c’est un boulot à plein temps. Il n’y a plus une minute à perdre, va vite voir le « TUTO – Quatre étapes clé pour un intestin au top de sa santé ».

 

 

 

Rédaction : Adrien Richard

Illustrations : Juliette Moitron

 

 

 

Sources 

 

 

Dr BERTHELOT Louis, Dr WARNET Jacqueline. Les secrets de l’intestin. LGF, 2015. 384 pages.

 

JOLY GOMEZ, Fransisca. L’intestin, notre deuxième cerveau. Marabout, 2016. 484 pages.

 

UHL, Thomas. Et si je mettais mes intestins au repos ? Solar, 2016. 224 pages.

 

CYMONE. La perméabilité (ou hyperperméabilité) intestinale, schémas à l’appui. http://colopathie-fonctionnelle.overblog.com. Janvier 2017

 

Dr BODIN, Luc. Comment déceler l’hyperperméabilité intestinale ? www.alternativesante.fr. Janvier 2017

 

Dr AXE. 7 Signs and Symptoms You Have Leaky Gut Syndrome. https://draxe.com. Janvier 2017

 

Dr AXE. The Leaky Gut Diet and Treatment Plan, Including Top Gut Foods. https://draxe.com. Janvier 2017

Check ton toubib !
 

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